12 septembre 2007

Grenelle de l'Environnement et L'Alliance pour la Planète

Yannick Jadot et Daniel Richard sont les porte-paroles de l’Alliance pour la planète

Mai 1968, face à la crise sociale et sociétale qui met 9 millions de salariés en grève et des centaines de milliers d’étudiants dans la rue, le gouvernement Pompidou organise une négociation regroupant pouvoirs publics, syndicats et organisations patronales au siège du ministère du Travail situé dans la rue de Grenelle. Deux jours d’âpres négociations vont se conclure le 27 mai par les « accords de Grenelle ».
Printemps 2007, l’Alliance pour la planète propose aux candidats à la présidentielle d’adapter la séquence : face à la crise écologique et à l’impasse dans laquelle nous conduit notre modèle de développement, organisons un « Grenelle de l’environnement » qui sorte la France de l’ornière écologique et l’engage sur la voie de l’excellence environnementale. Autrement dit un moment privilégié de négociations entre les principaux acteurs de l’environnement (État, collectivités territoriales, patronat, syndicats et associations écologistes), et surtout un moment de vérité sur les solutions aux grands défis environnementaux.

Nicolas Sarkozy reprend l’idée à son compte et s’engage, dès le 21 mai, à faire du Grenelle de l’environnement « une négociation sur des mesures concrètes » et certainement pas « un énième colloque pour constater l’urgence écologique et constater qu’il faut agir ». L’ambition surprend, tant le programme écologique du candidat Sarkozy refusait de rompre avec les productivismes les plus anti-écolos : ceux du nucléaire, des autoroutes, de l’incinération, de l’agriculture ou des OGM.

Le Grenelle doit d’abord être cette rupture, où le débat public et démocratique dépasse le constat et le diagnostic pour porter sur les solutions. Rupture difficile, tant le constat est aujourd’hui porteur de consensus, sur lequel s’appuient largement la communication politique et la communication d’entreprises qui inondent les médias. Tant les solutions, lorsqu’elles ont l’ambition de modifier en profondeur les modes de production, les modes de consommation et les modes de décision publique, sont, elles, porteuses de conflits d’intérêts, car elles remettent en cause des habitudes, des rentes, des intérêts bien compris. La négociation sera donc conflictuelle et constructive. Tant mieux ! Elle permettra de sortir des jeux de dupes, des exercices de communication qui ne visent qu’à maintenir le statu quo.
« Ensemble tout devient possible » proclamaient les affiches du candidat Sarkozy. C’est malheureusement faux en matière d’environnement. Entre les OGM et le bio, de nouvelles autoroutes et plus de ferroviaire et de transports en commun, un EPR et des économies d’énergies ou des renouvelables, des incinérateurs et le tri sélectif, il va falloir choisir.

L’Alliance pour la planète a choisi. Forte de son expérience nationale et internationale, de son expertise, des combats menés depuis plusieurs décennies parfois, et des centaines de milliers d’adhérents que comptent ses membres, elle a développé, sur tous les grands domaines environnementaux, les propositions à même de faire face à la crise environnementale.

L’objectif de l’Alliance pour la planète dans ce Grenelle est aussi de convaincre que nos solutions sont économiquement, socialement et démocratiquement les meilleures ! Nous y participons donc de manière structurée, positive et constructive. Sans naïveté et avec vigilance, attentifs à ce que l’exercice ne soit pas détourné de son objectif initial, qu’aucun tabou ni qu’aucune complaisance ne surgissent, sur aucun sujet essentiel.

Le Grenelle de l’environnement est un moment unique. Il ne sera pas question d’évaluer le résultat du Grenelle par rapport au statu quo, parfaitement inacceptable. Pas question non plus d’un grand compromis sur des réponses tièdes, prétendument consensuelles parce qu’elles ne changent rien. Pas question de troquer du climat contre de la biodiversité, de la santé contre de la démocratie. La crise est globale. La réponse doit l’être également. C’est seulement au regard de la qualité et de l’ambition de la plate-forme de mesures négociées, de leur capacité à répondre aux enjeux environnementaux que nous jugerons le Grenelle. L’Alliance pour la planète jouera pleinement son rôle pour que cette ambition se concrétise.


Contacts pour le Grenelle de l'Ecologie :
Anne Bringault (Amis de la Terre)
Yannick Jadot (Greenpeace)
Franck Laval (Ecologie Sans Frontières)
Daniel Richard (WWF-France)

Pour en savoir plus : http://www.lalliance.fr

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